Erable sycomore

Sycomore – Bergahorn – Tysklönn

Acer pseudoplatanus (Sapindaceae)

endémique Europe
Illustration botanique de l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus)
Érable sycomore centenaire dans un parc
Feuille d'érable sycomore

Pourquoi on l'aime

  • Sa durée de vie qui peut atteindre 500 ans.
  • « J'aime ce Sycomore à croissance rapide, souvent gigantesque, imposant par sa stature, j'aime aussi sa droiture » André Gayraux

Notes

  • Le nom « sycomore » vient de la ressemblance de ses feuilles avec celles du figuier sycomore ou figuier d'Égypte. En dépit de son nom latin, les feuilles de l'érable plane (Acer platanoides) sont bien plus proches de celles du platane.
  • Le bois d'érable est utilisé pour les instruments de musique, notamment les caisses de résonance des guitares, violons et violoncelles, mais aussi pour les flûtes à bec.
  • Autrefois, le feuillage était donné aux animaux à manger.
  • Dans le théâtre de Shakespeare, l'érable sycomore est le symbole du chagrin d'amour à cause du jeu de mots : Sickamour.
  • Le Cheval de Troie était apparemment fait en érable.

L'érable

L'érable au torse dur et fort,
Ébrèche le fer qui l'assaille,
Et, malgré mainte et mainte entaille,
Résiste aux plus grands coups du Nord.

L'hiver, dont le cours s'éternise,
De givre et de neige a tissé
Le linceul de l'arbre glacé.
L'érable est mort ! hurle la bise.

L'érable est mort ! clame au soleil
Le chêne orgueilleux qui s'élance.
L'érable prépare en silence
Le triomphe de son réveil.

Sous le velours âpre des mousses
La blessure ancienne a guéri,
Et la sève d'un tronc meurtri
Éclate en glorieuses pousses.

Des profondeurs d'un riche fond,
L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille
Magnifier, de feuille en feuille,
Le miracle d'un cœur fécond.

Il n'a fallu qu'une heure chaude
Pour que soudain, l'on vît fleurir,
Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,
La pourpre, l'or et l'émeraude.

L'érable vit ! chante en son vol
Tout le chœur des forêts en fête :
L'érable, de la souche au faîte
Frémit au chant du rossignol.

Contre la bise et l'avalanche,
Le roi majestueux des bois
A pris, et reprendra cent fois,
Sa victorieuse revanche.

L'érable symbolise bien
La surnaturelle endurance
De cette âpre race de France
Qui pousse en plein sol canadien :

Robuste et féconde nourrice
Dont le flanc, tant de fois blessé,
Des rudes coups d'un fier passé
Porte l'illustre cicatrice.

Néréé Beauchemin (1850–1931)