Erable champêtre

Field maple – Feldahorn – Naverklönn

Acer campestre (Sapindaceae)

Planté vers 1985 Europe
Érable champêtre (Acer campestre) au Domaine de La Garde
Illustration botanique de l'érable champêtre (Acer campestre)
Feuilles et samares de l'érable champêtre

Pourquoi on l'aime

  • Je l'aime parce qu'il est sans prétention, passe souvent inaperçu parmi les beaux érables, sa modestie me plaît. AG

Notes

  • Il était souvent utilisé pour les haies.
  • Sa sève sucrée est utilisée pour la préparation de sirops. Au printemps, il donne jusqu'à un litre par jour. Pour extraire un kg de sucre, il faut 100 litres de sève.
  • Le sucre d'érable était important pendant le blocus continental de Napoléon en 1806, quand il n'y avait plus d'accès au sucre de canne des Caraïbes.
  • Le sirop d'érable est fait surtout à partir de l'érable à sucre (Acer saccharum). Il est produit surtout au Québec. Normalement, on commence à récolter la sève de l'érable quand il a 45 ans.
  • Les jeunes feuilles se consomment dans les salades mêlées.
  • Selon l'Iliade, le cheval de Troie fut fabriqué en érable.

Joseph François Lafitau, Fabrication du sirop d'érable par les Amérindiens en Nouvelle France, XVIIIe siècle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sirop_d%27%C3%A9rable

L'érable

L'érable au torse dur et fort,
Ébrèche le fer qui l'assaille,
Et, malgré mainte et mainte entaille,
Résiste aux plus grands coups du Nord.

L'hiver, dont le cours s'éternise,
De givre et de neige a tissé
Le linceul de l'arbre glacé.
L'érable est mort ! hurle la bise.

L'érable est mort ! clame au soleil
Le chêne orgueilleux qui s'élance.
L'érable prépare en silence
Le triomphe de son réveil.

Sous le velours âpre des mousses
La blessure ancienne a guéri,
Et la sève d'un tronc meurtri
Éclate en glorieuses pousses.

Des profondeurs d'un riche fond,
L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille
Magnifier, de feuille en feuille,
Le miracle d'un cœur fécond.

Il n'a fallu qu'une heure chaude
Pour que soudain, l'on vît fleurir,
Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,
La pourpre, l'or et l'émeraude.

L'érable vit ! chante en son vol
Tout le chœur des forêts en fête :
L'érable, de la souche au faîte
Frémit au chant du rossignol.

Contre la bise et l'avalanche,
Le roi majestueux des bois
A pris, et reprendra cent fois,
Sa victorieuse revanche.

L'érable symbolise bien
La surnaturelle endurance
De cette âpre race de France
Qui pousse en plein sol canadien :

Robuste et féconde nourrice
Dont le flanc, tant de fois blessé,
Des rudes coups d'un fier passé
Porte l'illustre cicatrice.

Néréé Beauchemin (1850–1931)